30 Septembre 2016

Hasta la vista Rosetta !

Les meilleures choses ont une fin, même dans l’espace… Rosetta, la mission spatiale préférée des Européens, qui depuis 2004 défraye la chronique, s’est achevée ce jour par un moment de poésie, alors que la sonde venait de se poser en douceur à la surface de la comète Churyumov-Gerasimenko. Rosetta et Philae se sont désormais endormis à jamais, laissant au grand public ainsi qu’à la communauté spatiale internationale, des souvenirs impérissables et un fantastique corpus de données scientifiques.

Le 2 mars 2004, il y a maintenant 12 ans et six mois, était lancée par Ariane 5, depuis le port spatial de l’Europe à Kourou, la mission Rosetta. Qui aurait pu dire alors, que 10 ans et plus de 6 milliards de kilomètres plus tard, Rosetta et Philae, son petit atterrisseur, deviendraient les superstars du spatial qu’elles sont aujourd’hui. Car jamais en Europe, une mission spatiale n’aura autant fait vibrer le grand public et la communauté scientifique internationale et Rosetta et Philae rejoignent aujourd’hui le cercle plus que fermé des missions qui auront révolutionné notre approche de l’espace, comme ce fut le cas pour le premier pas de l’homme sur la Lune.

Pour la France et le CNES, elle restera une grande fierté, puisque cette mission internationale, menée sous la responsabilité de l’ESA, a bénéficié d’une forte participation française. Depuis les études préliminaires jusqu’aux opérations en passant par la fourniture d’instruments et de composants, le CNES a tenu sa place d’expert auprès non seulement de 300 scientifiques et ingénieurs français, mais aussi de ses partenaires internationaux. La France fut, avec l’Allemagne, le plus gros contributeur. C’est pourquoi le CNES a soutenu techniquement et financièrement les laboratoires spatiaux français impliqués dans le projet (IAS, IPAG, IRAP, LAM, LATMOS, LESIA, LPC2E) et a été le garant de la fourniture des nombreux équipements scientifiques. Sur Philae, le DLR (agence spatiale allemande) avait la responsabilité du centre de contrôle (LCC à Cologne) et le CNES du centre de mission scientifique (SONC à Toulouse). Le SONC a assuré la planification des opérations scientifiques des 10 instruments, la recherche des sites d’atterrissage de Philae, par le calcul des trajectoires de descente, de l’ensoleillement et des transmissions avec Rosetta et la détermination du lieu et de la position d’atterrissage une fois Philae arrimé à la surface.

Cependant, la fin annoncée aujourd’hui est loin d’en être une. La mission Rosetta, en plus d’être présente dans l’imaginaire de tous les Européens et d’une grande partie du reste du monde, va continuer d’alimenter la communauté scientifique d’une horde de données à décrypter, riches de potentiels enseignements majeurs. Ne serait-ce qu’aujourd’hui, durant sa longue descente, Rosetta a pu prendre de très nombreuses photos en haute définition de sa comète, une première sur laquelle les scientifiques peuvent d’ores et déjà travailler.

A cette occasion, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, qui a suivi cet événement avec de nombreux chefs d’agence spatiale en direct depuis le 67ème IAC à Guadalajara, a déclaré : « Il y a indubitablement un avant et un après Rosetta ! Au-delà des apports scientifiques majeurs de la mission, qui vont continuer à être exploités pendant longtemps, ce fut aussi pour tous une aventure humaine et technique hors normes et je tiens à féliciter tous ceux qui, partout en Europe et aussi dans le reste du monde, ont œuvré dans le sens de cette fantastique réussite ! »

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Contacts
Pascale Bresson    Tél. 01 44 76 75 39    pascale.bresson@cnes.fr
Julien Watelet    Tél. 01 44 76 78 37    julien.watelet@cnes.fr

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