8 Juillet 2016

Le CNES et l’équipe de France de l’espace, toujours aux avant-postes du secteur spatial mondial

Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, a rencontré la presse, vendredi 8 juillet, au Siège de Paris Les Halles, afin de faire le point à mi étape sur une année 2016 ponctuée d’enjeux majeurs. L’occasion de revenir sur les succès du premier semestre, mais surtout de se projeter vers les défis à relever pour que le CNES et l’équipe de France de l’espace, soient toujours aux avant-postes du secteur spatial mondial.

Le constat dressé par Jean-Yves Le Gall ce jour, devant la presse, est simple : le CNES doit plus que jamais innover, se renouveler et oser, tel est le défi à relever pour conserver dans les années à venir la place hors-normes qu’il occupe dans le paysage spatial mondial. En effet, comme le souligne le Président du CNES, toutes les nouvelles tendances que l’on voyait pointer et s’affirmer au cours de ces dernières années, sont largement confirmées en 2016. Le NewSpace est aujourd’hui une réalité : un nouvel ordre mondial où les grandes nations du spatial voient leurs budgets continuer d’augmenter, une percée affirmée des pays émergents et l’avènement des acteurs issus du monde de l’innovation, au service des applications.

Ce sont ces challenges que le CNES et tous ses partenaires doivent relever. Pour ce faire, à eux d’utiliser tous les leviers à leur disposition, qu’il s’agisse du NewSpace, en développant plus encore le pan applicatif issu des technologies spatiales et en innovant sans cesse, en particulier par le biais d’approches disruptives. En s’investissant sur les problématiques les plus actuelles, comme le climat, un véritable enjeu global structurant, pour lequel le CNES, qui a fait de la coopération internationale l’une de ses spécificités, œuvre sans compter, la Déclaration de New Delhi en étant le témoignage le plus concret. Mais aussi l’exploration, en favorisant la miniaturisation, l’intelligence embarquée et en se projetant vers Mars qui est en train de devenir LA nouvelle frontière de l’activité spatiale.

L’ensemble se décline sur les cinq domaines d’intervention du CNES :
·    Les lanceurs : avec Ariane 6, son Ensemble de Lancement ELA 4 et Vega-C, en s’appuyant sur la remarquable efficacité du Centre Spatial Guyanais, tout en développant en parallèle Prometheus, la future génération de moteurs spatiaux.
·    Les sciences : en Europe, avec des missions innovantes comme Juice, Euclid ou Athena, ainsi qu’hors Europe, avec encore plus de coopérations avec les acteurs majeurs du spatial et les pays émergents (Mars 2020, SVOM,…).
·    L’observation : avec en ligne de mire le climat, son étude et sa sauvegarde, grâce au développement de MicroCarb, de Merlin, de Jason ou de SWOT et aussi en préparant la suite de Pléiades.
·    Les télécommunications : en étoffant les équipements et les services (propulsion électrique, Galileo, développement des constellations, Très Haut Débit)
·    La défense : en continuant les programmes en cours et en favorisant les programmes très innovants comme Comsat-NG ou THR-NG

Pour accompagner ces changements, en les inscrivant dans la durée, le Président du CNES a indiqué s’appuyer sur trois axes, à commencer par l’innovation. Jean-Yves Le Gall a ainsi expliqué la nécessité de conserver un CNES en perpétuel mouvement pour préparer l’avenir, avec notamment le développement de Prometheus, l’étude de Mars, de plus en plus d’approches disruptives, des dépôts de brevets toujours plus étonnants, mais aussi avec un positionnement du CNES en amont de l’industrie, pour permettre l’engagement rapide de nouveaux programmes, comme cela a été le cas pour Ariane 6 ou la propulsion électrique. Les applications doivent aussi occuper un rôle central, pour servir la stratégie de l’établissement ainsi que toutes les communautés utilisatrices du spatial. On peut citer le récent partenariat engagé avec la SNCF, les contacts établis dans l’agriculture, la pêche ou encore l’aménagement du territoire et la lutte contre la pollution. Elles doivent notamment concourir au développement de l’activité et à la création de nouvelles sociétés, comme par exemple Geoflex. Enfin, le CNES mise aussi sur l’inspiration, pour préparer l’avenir, que ce soit via l’exploration avec Mars ou le climat, pour la défense duquel l’espace est un atout majeur.

En conclusion, Jean-Yves Le Gall est revenu sur les deux décisions majeures prises par le Conseil d’Administration du CNES, qui s’est réuni hier au Siège de Paris Les Halles.

Tout d’abord, l’engagement définitif du programme SWOT (Surface Water and Ocean Topography), développé avec le JPL et la NASA. A partir de 2023, SWOT scrutera les eaux du globe et passera au peigne fin l’océan mondial et les eaux de surfaces continentales, pour une meilleure quantification du cycle de l’eau et du changement climatique. SWOT, avec son instrumentation innovante, est en rupture avec l’altimétrie spatiale conventionnelle. KaRIn, l’altimètre radar interféromètre en bande Ka, permettra avec ses deux antennes placées aux extrémités d’un mât de 10 mètres, une fauchée de 120 km, en continu, permettant une couverture globale, à très haute résolution, des océans, lacs, rivières et autres réservoirs. De quoi éclairer la communauté scientifique sur la dynamique globale des eaux, les interactions avec les parties côtières et les estuaires. SWOT s’inscrit dans le cadre d’un partenariat majeur de longue date entre le CNES et la NASA, avec une contribution des agences spatiales du Canada et du Royaume-Uni. La partie française du programme fait l’objet d’un financement du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA).

Ensuite, la sélection d’Eclair6, le groupement Eiffage Génie Civil (mandataire), Eiffage Route, Clemessy (filiale de la branche Énergie du Groupe Eiffage), SEH (filiale allemande d’Eiffage Métal), Axima (filiale d’Engie) et Icop, spécialiste italien des fondations, pour la réalisation du lot Infrastructures de l’Ensemble de Lancement d’Ariane 6. À l’issue de la rencontre avec la presse, les journalistes présents ont ainsi pu assister à la signature du contrat entre le CNES et Eiffage, qui prévoit une livraison du chantier en octobre 2018.

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