14 Avril 2020

LE CNES REND HOMMAGE AU PROFESSEUR JACQUES-EMILE BLAMONT, PERE DU PROGRAMME SPATIAL FRANÇAIS

Né en 1926, Professeur à l’Université de Paris depuis 1957, le Professeur Blamont a apporté une contribution essentielle au programme spatial français. C’est en 1961 qu’il propose la création du CNES, le Centre National d’Etudes Spatiales. En charge des tirs des fusées Véronique à Hammaguir, premier Directeur scientifique et technique du CNES, responsable de la mise au point des premiers satellites français, il a eu un rôle déterminant dans le choix de Kourou comme base européenne de lancement et a conseillé les 11 Présidents du CNES, de 1961 à nos jours. Tout en assumant des fonctions de direction au CNES, il n’a cessé d’enseigner en premier, deuxième et troisième cycle jusqu’à sa retraite. Il a fourni le sujet et dirigé personnellement les travaux de thèse de diverses natures d’environ 80 étudiants. Avec sa disparition, le CNES est tout entier touché dans son histoire.

De 1962 à 1985, le Professeur Blamont a été le Directeur du plus grand laboratoire de recherches spatiales du CNRS, le Service d’Aéronomie. De 1980 à 2001, il a été Distinguished Visiting Scientist au JPL (Jet Propulsion Laboratory). Depuis 2002, il était Directeur de recherches au Collège Inter Armées de Défense. En 2010, il a été titulaire d’une chaire Einstein de l’Académie des Sciences de Chine. Deux fois Lauréat de l’Académie des Sciences, Lauréat de la Société française de Physique, il a reçu la Médaille de Vermeil du CNES, la Médaille d’Argent du Président de la République décernée en 1967 par le Général de Gaulle, les Médailles Guggenheim et Théodore Von Karman de l’Académie Internationale d’Astronautique, la « Medal for Exceptional Scientific Achievement » de la NASA en 1972, la « Vikram Sarabhai Medal » de l’ISRO (Indian Space Research Organisation) en 1994, la Médaille d’Or du Centre Spatial Guyanais en 1995, le « George W. Goddard Award » de l’International Society for Optical Engineering en 1997, la « Distinguished Service Medal » de la NASA en 2000, décoration la plus élevée décernée par cette agence et le « COSPAR Space Science Award » en 2004. Il est membre, entre autres sociétés savantes, de l’Académie des Sciences de l’Institut de France depuis 1979, de la National Academy of Science des États-Unis depuis 1979, de l’American Philosophical Society depuis 2002 et de l’Indian National Science Academy depuis 1979. Grand Officier de la Légion d’Honneur en 2016, Grand Officier de l’Ordre National du Mérite et Commandeur des Palmes Académiques, il a reçu la plus haute distinction accordée par l’URSS, l’Ordre de l’Amitié des Peuples.

Par ailleurs, le Professeur Blamont a été mandaté pour la mise en œuvre d’un accord signé en 1964, sous l’impulsion du Général de Gaulle et sous l’égide des Nations Unies, portant sur la construction et le lancement en Inde de fusée-sonde du CNES de type Bélier et Centaure. Arrivé en Inde la même année, la détermination du Normalien, élève d’Albert Kastler, à mettre en place sur le modèle français l’ensemble des équipements et des structures nécessaires a permis à l’Inde de démarrer son programme spatial sous la direction du Dr. Vikram Sarabhai, premier Président de l’ISRO, créée en 1969. En 2015, les insignes du Padma Shri (ordre civil indien le plus élevé correspondant à la Légion d’honneur) lui ont été remises à New Delhi par le Président de la République de l’Inde. La distinction d’étrangers dans l’ordre du Padma est exceptionnelle. La promotion 2015 comportait 104 noms. Parmi les étrangers figuraient aux côtés du Professeur Blamont, le Prince Aga Khan ainsi que Bill et Melinda Gates.

Début 2020, Jacques-Émile Blamont décrivait, dans le documentaire de 52 minutes « Jacques Blamont, l’action sœur du rêve », la nécessité d’un changement de paradigme par rapport au climat pour la survie de l’espèce humaine. Il évoquait les sacrifices humains, conséquences de certaines avancées de l’humanité et il parlait d’un de ses récents projets, Fédération, qui réunit, avec le CNES, des hackeurs autour de l’invention et de la créativité. Il abordait également la part du rêve et de la sérendipité dans la vie et le travail des grands scientifiques. René Char a écrit que deux voies s’offrent pour utiliser son existence, la vivre ou la rêver. Jacques Blamont pensait qu’une troisième est disponible, la vivre ET la rêver. D’où son œuvre.

Découvertes
-    Cohérence quantique dans l’interaction de la lumière avec les atomes,
-    Existence de la turbopause (limite supérieure du mélange turbulent dans l’atmosphère), description de la turbopause et des ondes de gravité, premières mesures de la température de la haute atmosphère, découverte des échauffements auroraux,
-    Vent interstellaire : entrée du gaz galactique dans le Système solaire,
-    Enveloppe d’hydrogène des comètes, plus grand objet du Système solaire,
-    Nuages noctilucents polaires.

Développements
-    Aérostats dans l’atmosphère de Vénus, parcours de 13 000 km, mesure de la circulation générale et des paramètres atmosphériques,
-    Mise au point de la technique de sondage de l’atmosphère par laser (lidar) de 10 à 100 km d’altitude (température, quantité, concentration en ozone).

En cette période solennelle, Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, le Conseil d’administration et l’ensemble des collaborateurs du CNES ont une pensée émue pour le Professeur Jacques-Emile Blamont, père du spatial français, et pour les membres de sa famille.

CONTACTS
Pascale Bresson     Attachée de presse     Tél. 01 44 76 75 39    pascale.bresson@cnes.fr
Raphaël Sart    Attaché de presse    Tél. 01 44 76 74 51    raphael.sart@cnes.fr

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