23 Mars 2018

« Stratégie spatiale nationale pour la Tunisie » - Le CNES et le développement du spatial en Afrique

Jeudi 22 mars 2018 à Hammamet, Jean-Pascal Le Franc, Directeur de la Programmation, de l’International et de la Qualité au CNES, a participé à la conférence « Stratégie spatiale nationale pour la Tunisie ». Dans le cadre d’une session plénière portant sur la dimension internationale dans laquelle évoluent les agences spatiales, il est notamment revenu sur la rapide évolution de l’environnement spatial, la lutte contre le changement climatique grâce aux satellites et la place de l’Afrique, plus particulièrement la Tunisie, dans le paysage international.

Ces dernières années, de plus en plus de pays affirment leur volonté de compter dans le paysage spatial. En parallèle de ces mouvements étatiques, le NewSpace est apparu aux Etats-Unis. S’en suit l’émergence d’entreprises qui proposent de nouveaux programmes spatiaux dans de nombreux pays. Dans un contexte où ces évolutions sont importantes, l’Europe et la France continuent d’être des acteurs forts et des partenaires privilégiés, notamment dans le développement des lanceurs et des programmes de sciences spatiales, de l’étude de l’Univers jusqu’à celle de notre planète. L’Europe et la France prennent également part aux programmes phares de l’Union européenne, Galileo, Copernicus et Horizon 2020.

Sur les 50 variables essentielles pour mesurer le changement climatique, 26 ne peuvent l’être que depuis l’espace. Le 11 décembre 2017, le CNES, en coordination avec les principales agences spatiales du monde entier, a proposé la création d’un Space Climate Observatory, dont l’objectif est de rassembler et d’harmoniser l’ensemble des données climatiques mesurées par les agences spatiales. Il s’agit également de les rendre plus accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique. En Afrique, ces données permettent le développement d’usages du spatial à visées opérationnelles, tels que ceux qu’encourage le CNES, comme la cartographie topographique en Ethiopie avec Sentinel-2, le suivi des ressources en eau en Ouganda grâce à des satellites d’altimétrie ou encore les statistiques agricoles au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Le développement durable en Afrique peut également profiter des sciences spatiales et de l’éducation associée, comme l’a montré « The African Chapter », deuxième édition de l’International Space Forum organisée par l’IAF. Il existe aujourd’hui une réelle volonté d’impliquer davantage les académies et les universités pour répondre, grâce au spatial, aux défis globaux auxquels fait face le continent africain. La mise en place d’un programme spatial en Tunisie va donc pouvoir s’appuyer sur deux axes forts : le développement d’usages du spatial, avec un riche vivier de données d’observation du climat et des activités de recherche et d’enseignement supérieur. En matière de coopération entre la France et la Tunisie, c’est une fois encore les thématiques du climat et de la gestion de l’eau qui en sont au cœur : mise en place d’un site de calibration-validation sur le bassin de Merguellil pour les missions spatiales, utilisé en particulier avec des données Envisat, TerrasarX et Sentinel, utilisation de l’observatoire de Merguellil dans le cadre du programme international SICMED (Surfaces et Interfaces Continentales en Méditerranée) et création en 2016 par l’IRD du laboratoire mixte international NAÏLA.

________
CONTACTS
Pascale Bresson    Attachée de presse     Tél. 01 44 76 75 39     pascale.bresson@cnes.fr
Raphaël Sart    Attaché de presse     Tél. 01 44 76 74 51     raphael.sart@cnes.fr